Clip de rap tourné à Guénange: enquête ouverte, le maire « consterné »

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Clip de rap tourné à Guénange: enquête ouverte, le maire « consterné »

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Thionville – 15/12/2016 15h59
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Clip de rap tourné à Guénange: enquête ouverte, le maire "consterné"

Société
(PHOTO: CAPTURE YOUTUBE)

INFO LORACTU.fr –  La gendarmerie a ouvert une enquête après la diffusion d’un clip de rap tourné à Guénange (Moselle) tandis que le maire (PS) de la commune est «consterné». Dans cette vidéo, où l’on aperçoit des jeunes mineurs, on y fait la promotion des armes, de la drogue et de la violence.

Consternation à Guénange, en Moselle où un clip de rap tourné dans la rue il y a plusieurs semaines et diffusé au début du mois de décembre irrite les pouvoirs publics et les élus locaux. En première ligne: le maire PS Jean-Pierre La Vaulée démuni face au trafic de stupéfiants qui mine sa commune de 10 000 habitants et dont les habitants sont exaspérés.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie qui cherche à identifier les auteurs et les participants de clip de rap publié sur Youtube le 2 décembre dernier. Le collectif DabraBéné y fait clairement l’apologie des armes à feu et armes blanches, de la consommation de stupéfiants et réalise des rodéos sauvages dans ce quartier populaire de Guénange, ville située le long de l’A31 à quelques kilomètres au sud de Thionville.

Durant ces 4 minutes, on peut voir un enchaînement de clichés dont les habitants du quartier République se passeraient volontiers. Entre drapeaux étrangers, chiens dangereux ou encore rodéos sauvages, les rappeurs multiplient également les propos crus. Le quartier, également filmé à l’aide d’un drone, est régulièrement la cible d’opérations d’envergure de la gendarmerie qui tentent d’enrayer le trafic de stupéfiants qui mine depuis plusieurs années la ville voisine de Fameck et d’Uckange, villes placées en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) et bénéficiant de moyens sécuritaires supplémentaires.

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– « Ce sont des crapules », s’agace le maire de la ville –

«Avec le trafic de stupéfiants dont est victime la ville c’était un caillou dans la chaussure, aujourd’hui ce clip c’est une épine dans le pied» assure le maire socialiste, interrogé par LORACTU.fr ce jeudi. «Il y a une minorité de la population qui profite de ce trafic. La justice j’espère ira jusqu’au bout et qu’il y aura sanction» affirme M. La Vaulée.

«Ceux qui ont fait ce clip sont des crapules (…) Il fait l’apologie du repli identitaire, de l’argent facile, de la drogue et des armes pour tuer» s’alarme le maire de Guénange. «C’est de la haine qui est véhiculée, c’est dangereux. C’est plus qu’un problème d’image pour la ville. 95 à 98% des habitants ici sont des braves gens et qui ne peuvent pas être stigmatisés par cette minorité» tranche le maire PS.

L’enquête de gendarmerie doit désormais se concentrer sur l’identification des auteurs, des participants et des conditions de tournage, selon une source proche de l’enquête. «Elle a été réalisée en novembre et la mairie a été alertée après les gendarmes, au début du mois de décembre» assure-t-on de même source. Des habitants témoins de ce tournage sauvage auraient également été priés de ne pas regarder le déroulement des scènes sous la menace.

«J’attends beaucoup de la gendarmerie, tant sur ce clip que pour résoudre le trafic de stupéfiants. Des têtes doivent tomber» assure le maire qui a demandé à l’Etat le placement de sa ville en ZSP comme Uckange et Fameck où le trafic de drogue a nettement baissé depuis 2012. Un trafic de drogue qui s’est déplacé dans les communes voisines dont Guénange.

D’autres enquêtes judiciaires ont déjà été ouvertes par le passé sur des clips de jeunes rappeurs où apparaissent des mineurs exhibant couteaux ou liasses de billets et imitant un vocabulaire de gangster. En 2015 et en 2016 notamment en région parisienne.