Finistère. Colonel Pégourié : « Des gendarmes de plus en plus exposés »

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Finistère. Colonel Pégourié : « Des gendarmes de plus en plus exposés »

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  • Le colonel Richard Pégourié, commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, quittera ses fonctions cet été après trois ans à la tête du département.
    Le colonel Richard Pégourié, commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, quittera ses fonctions cet été après trois ans à la tête du département. | Ouest-France

Recueilli par Pierre FONTANIER

Une travailleuse sociale interviendra dès janvier pour relayer les gendarmes du Finistère dans les situations délicates. Par ailleurs, le centre opérationnel de renseignement départemental, dont le nombre d’appels et d’intervention a explosé cette année, fait l’objet d’une étude. Il pourrait être reconstruit ailleurs.

Entretien

Le colonel Richard Pégourié, commandant du groupement de gendarmerie du Finistère : 894 gendarmes et 300 réservistes. Ce mercredi matin, ils fêtent sainte Geneviève.

Où en est le projet de restauration des locaux du groupement, place de la Tour-d’Auvergne à Quimper ?

J’ai demandé à stopper ce projet. On souhaite explorer plusieurs pistes dont la construction de locaux neufs, ailleurs. Mais rien n’est décidé.

Une intervenante sociale va travailler pour vous dès janvier ?

Mise à disposition par le conseil départemental, elle prendra en charge le médico-social et le psychologique, l’écoute, en particulier dans les affaires de violences intrafamiliales, de mœurs… D’abord dans le centre et le sud du département, et j’espère plus tard dans le nord. Quand une femme est battue, nos interventions à répétition ne servent à rien. Ce poste existe dans 70 groupements avec des résultats extraordinaires.

Comment va se dérouler la Sainte-Geneviève ce matin ?

Avec une cérémonie religieuse à la cathédrale sans vocation apostolique car c’est plutôt un moment de recueillement suivi d’une réception en préfecture.

Que mettrez-vous en avant ?

L’action des gendarmes. J’insisterai sur les épisodes marquants en 2017 : les 70 cambriolages élucidés et les 7 écrous dans le milieu albanais brestois qui ont entraîné une accalmie ; plusieurs trafics de stupéfiants démantelés car ils sont en lien direct avec la délinquance de droit commun : séquestrations, coups et blessures, menaces avec armes ; plusieurs home-jackings à Châteaulin et Brest…

Quelques chiffres ?

Nous disposons de 57 implantations (45 brigades et 12 services : brigades de recherches et nautiques, pelotons de surveillance et d’intervention, motards…). Le centre opérationnel de renseignement (Corg) a enregistré 139 000 appels contre 123 000 en 2016 et 27 000 interventions contre 25 000 l’an passé. Le gendarme est confronté chaque jour à la mort : nous avons fait 350 découvertes de cadavres.

Assassinat à Névez, meurtre à Lannédern, fratricide à Tréméven, possible tentative de meurtre ce week-end à Châteauneuf-du-Faou… Les gendarmes seraient de plus en plus exposés ?

Oui, beaucoup d’homicides à traiter cette année. Et le nombre d’agressions de nos personnels est de plus en plus préoccupant : coup de tête, de couteau à Lesneven, un homme qui fonce sur nous à Landéda… Des interventions ordinaires se transforment en pugilat. Nous ne sommes pas là pour servir de punching-ball. Avant, l’uniforme faisait de l’effet. Maintenant, on se demande si on ne ferait pas mieux parfois de travailler en civil.