Société Zadistes : le risque de contagion

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Société Zadistes : le risque de contagion

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La décision sur l’aéroport et l’évacuation des militants qui occupent Notre-Dame-des-Landes sont imminentes. Les forces de l’ordre craignent que les zadistes ne partent occuper d’autres sites de projets contestés en France. Revue des dossiers contestés.

Aujourd’hui 05:00 par Luc Chaillot , actualisé Hier à 22:06 Vu 2062 fois

Le Premier ministre Édouard Philippe annoncera dans les prochains jours s’il décide de réaliser ou d’abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Un dossier hautement sensible, sur lequel tous les gouvernements successifs ont été incapables de trancher depuis la première ZAD, comme « Zone d’aménagement différé », en 1974.

Entre-temps, la ZAD est devenue une « Zone à défendre », occupée par des opposants à l’aéroport depuis août 2009, eux-mêmes baptisés zadistes. Même s’il décide d’abandonner le projet, le gouvernement a prévu d’évacuer les occupants du site.

Les forces de l’ordre s’attendent à de la résistance de la part des altermondialistes et des militants de l’ultra-gauche qui ont fait de Notre-Dame-des-Landes le symbole de toutes leurs luttes. « C’est un camp retranché. On sait qu’il y a des explosifs, des trous, des arbres coupés avec des pièges » , prévient la ministre Jacqueline Gourault, rattachée au ministère de l’Intérieur. Elle craint des violences si le gouvernement doit user de la force, « en dernier recours ». Les forces de l’ordre feront tout pour éviter un nouveau drame, trois ans après la mort de Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué par une grenade offensive en octobre 2014 sur le chantier du barrage de Sivens (Tarn). Le non-lieu dont vient de bénéficier le gendarme auteur du tir de grenade n’est pas de nature à apaiser les tensions.

« La convergence des luttes »

L’évacuation de la ZAD inquiète les autorités. Elles craignent qu’une partie des zadistes chassés de Notre-Dame-des-Landes ne partent rejoindre d’autres sites de projets contestés, au nom de « la convergence des luttes » qui a tenu en éveil Nuit Debout en 2016 avant que le mouvement ne s’épuise. Une cinquantaine de lieux sont surveillés par la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), le service de renseignement de la gendarmerie nationale, dont douze sont considérés comme des foyers de contestation particulièrement sensibles.

Actuellement, trois sites sont occupés de manière permanente. Dans la Meuse, une trentaine d’activistes occupent le Bois Lejuc pour s’opposer au projet Cigeo de centre d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure. Ce lieu, devenu emblématique de la lutte des antinucléaires, pourrait bien devenir le prochain Notre-Dame-des-Landes. En Isère, une poignée de zadistes campent depuis trois ans sur le site de Roybon pour lutter contre le projet de centre de vacances Center Parcs, en parallèle à une bataille juridique. Près de Strasbourg, les opposants au projet de contournement autoroutier ont installé une ZAD et des cabanes en bois il y a six mois.

Des manifestations partout en France ?

Les gendarmes ont également dans leur viseur le projet de centre commercial Europa-City d’Immochan dans le Triangle de Gonesse, en région parisienne, et le projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin entre la France et l’Italie, mis en sommeil puis relancé il y a quelques mois. Mais c’est sur le versant italien que la contestation avait été la plus forte.

L’intervention des forces de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes risque aussi de déclencher des mouvements de protestation un peu partout en France. Des appels à manifester ont été lancés dans un grand nombre de grandes villes et de villes moyennes le jour même de l’évacuation, et des lieux de rendez-vous circulent sur les réseaux sociaux.