Moins de gendarmes mobiles, les élus en colère

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Moins de gendarmes mobiles, les élus en colère

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Moins de gendarmes mobiles, les élus en colère
En Pays foyen notamment, les élus attendent le retour des renforts de la ZSP.

illustration stéphane klein

Alors que le Libournais va expérimenter la Police de sécurité du quotidien (PSQ), des élus condamnent la disparition des gendarmes prévus sur la Zone de sécurité prioritaire.

Jean-Charles galiacy

jc.galiacy@sudouest.fr

A Castillon, Jacques Breillat l’a mauvaise. Alors que le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer l’expérimentation de la Police de sécurité du quotidien (PSQ) sur le ressort de la compagnie de Libourne à partir de 2019, le maire se demande bien où sont passés les gendarmes mobiles supplémentaires qui sont normalement prévus sur son territoire, classé en Zone de sécurité prioritaire (ZSP).

« La PSQ arrive, super, voici un nouvel acronyme, ironise-t-il. Il faut arrêter ! Cela devient effrayant. On est en train de nous trimballer avec des effets d’annonce énormes. Car, chez nous, la vérité c’est que nos gendarmes mobiles de la ZSP ont simplement disparu… »

« Une variable d’ajustement »

Lors de sa visite l’automne dernier, le ministre Gérard Collomb avait assuré les élus de la poursuite de la ZSP, lancée en 2012 sur le territoire (1). Dans les faits, pourtant, autant Jacques Breillat, à Castillon, que Christophe Chalard, à Sainte-Foy-la-Grande, observent le retrait de ces renforts. « Depuis septembre, on les a eus moins de cinq jours, livre le second. On a l’impression d’être une variable d’ajustement, d’être la petite ville de campagne tranquille où il ne se passe pas grand-chose. Pourtant, depuis qu’ils étaient là, on sentait une amélioration sensible. Leur présence impressionne, décourage et rassure les habitants. »

Les deux cités girondines ont, de plus, connu des faits divers retentissants depuis le début de l’année. Fin janvier, deux commerces ont été attaqués à la voiture-bélier à Sainte-Foy-la-Grande et, il y a quelques jours, une rixe rassemblant une vingtaine de personnes a éclaté sur l’une des places principales de Castillon.

Dans cette commune, hormis quelques jours en janvier, on n’a pas vu les renforts ZSP depuis au moins quatre mois. « Je veux que nos mobiles reviennent, martèle Jacques Breillat. Sur le thème de la sécurité, on fait tout ce qu’on peut alors qu’en face [l’État, NDLR], on fait de grandes annonces mais il n’y a plus rien… »

Pour témoigner du désengagement de l’État sur la question sécuritaire, l’édile sort les calculettes. « À Castillon, nous avons installé 17 caméras de surveillance, certes en partie subventionnées par l’État mais nous en assumons l’entretien, détaille-t-il. Nous avons embauché deux ASVP [agent de surveillance de la voie publique, NDLR] et donc doublé les effectifs de la police municipale sur les dix dernières années. Dans le même temps, l’intercommunalité a recruté un médiateur qui n’est plus subventionné par le FIPD [Fonds interministériel de prévention de la délinquance, NDLR]. »

Sept gendarmes de moins

En Pays foyen, 18 gendarmes veillent sur un secteur très vaste allant jusqu’à Pessac-sur-Dordogne ou Gensac. Avec la ZSP, ce sont normalement quatre personnels qui leur prêtent main-forte, à Sainte-Foy-et-Grande et Pineuilh. Mais ils se font bien rares, de même que les trois renforts prévus à Castillon. « Nous, nous sommes favorables à la mise en place de la Police de sécurité du quotidien mais pas à n’importe quelle condition et surtout pas au détriment de la ZSP », indique Christophe Chalard.

Son homologue castillonnais partage la même opinion avec la douloureuse impression que l’État est tout simplement en train de « supprimer la ZSP, en catimini ».

(1) La Zone de sécurité prioritaire couvre les villes-bourgs de Libourne, Castillon, Pineuilh et Sainte-Foy-la-Grande.