Attaques dans l’Aude. La tragédie détaillée par le procureur François Molins

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Attaques dans l’Aude. La tragédie détaillée par le procureur François Molins

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François Molins, procureur de la République de Paris.
François Molins, procureur de la République de Paris. | AFP/FRANCOIS GUILLOT
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Trois jours après les attaques de l’Aude qui ont fait trois morts, le procureur de la République de Paris, François Molins a fait un point sur l’enquête lundi soir.

François Molins a commencé sa conférence de presse par un hommage à chacune des victimes de l’attentat de vendredi. Il a tout particulièrement salué le « sens du devoir du lieutenant-colonel Beltrame qui a sacrifié sa vie pour sauver celle d’un otage ». Un hommage national lui sera d’ailleurs rendu mercredi matin aux Invalides. Le procureur a aussi salué « l’efficacité des primo-intervenants » de la gendarmerie qui ont permis de sauver de nombreuses personnes.

À Carcassonne, le terroriste semble hésiter sur ses cibles

Le procureur a précisé ensuite le film des événements qui ont conduit à la mort de trois personnes vendredi à Carcassonne et à Trèbes. Avant d’entamer son circuit meurtrier, Radouane Lakdim « dépose sa sœur à l’école ». Puis, il attaque un automobiliste et son passager, en leur tirant dans la tête. Le passager, âgé de 62 ans, est mort. Le conducteur, un jeune Portugais, est toujours hospitalisé.

Radouane Lakdim vole leur voiture puis, il semble avoir hésité sur les cibles à frapper. Des vidéosurveillances montrent en effet qu’il est passé devant le commissariat central de Carcassonne, puis devant la caserne des parachutistes devant laquelle se trouvaient deux militaires de l’opération Sentinelle. Enfin, il passe dans un sens, puis repasse dans la même rue avant d’attaquer, par-derrière, les quatre CRS en train de faire leur jogging. « L’un d’entre eux blessé à l’épaule et au poumon se trouve toujours en soins intensifs », indique le procureur.

L’attaque du Super U, minute par minute


A 10 h 39, Radouane Lakdim se gare sur le parking du Super U. | AFP/RAYMOND ROIG

Le procureur a ensuite détaillé l’attaque du Super U. À 10 h 39, Radouane Lakdim se gare sur le parking. Il court jusqu’au magasin. À la caisse n° 6, il tue le boucher du Super U. Puis se rue sur la caisse n° 2 où il tue un client, âgé de 65 ans. François Molins explique alors que des clients se réfugient dans une chambre froide ou dans les rayons.

À 11 h, les premiers gendarmes arrivent et en passant par l’extérieur, ils parviennent à entrer dans la salle des caméras d’où ils voient le terroriste qui s’est positionné dans l’entrée du magasin. La colonne d’intervention des gendarmes progresse vers lui et fait évacuer les clients. Seule une femme se retrouve désormais avec le terroriste qui s’en sert de bouclier humain.

« C’est là que le lieutenant-colonel Beltrame a tenté une négociation avec Radouane Lakdim. Il lève les mains, dépose son arme et propose de prendre la place de l’otage », raconte le procureur. À 11 h 28, il entre dans la salle des coffres où s’est réfugié le terroriste qui détient toujours l’otage. Elle est libérée quelques minutes plus tard. Radouane Lakdim se sert ensuite du gendarme comme intermédiaire pour qu’il appelle ses collègues et demande la libération de Salah Abdeslam, « sinon il menace de faire péter les grenades », c’est-à-dire trois engins explosifs artisanaux qu’il a déposés dans le supermarché.

À 12 h 10, le GIGN tente d’engager une négociation. A 13 h 10, le terroriste sort de la salle des coffres, avec le lieutenant-colonel dont il se sert comme bouclier humain. À 14 h 16, deux coups de feu rapides, suivi d’un 3e retentissent. Le GIGN décide alors d’intervenir et « neutralise » le terroriste. Deux gendarmes sont blessés.

La mort du lieutenant-colonel Beltrame

Le courageux gendarme décède des suites de ses blessures à 5 h du matin à l’hôpital de Carcassonne. Il a reçu deux balles : une dans un bras, l’autre dans un pied. Mais l’autopsie révélera surtout « plusieurs lésions à l’arme blanche au niveau du larynx et de la trachée qui ont provoqué la détresse respiratoire d’Arnaud Beltrame à l’origine de son décès », précise le procureur.