Tuerie de Trèbes : Arnaud Beltrame a été blessé par son arme de service

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Tuerie de Trèbes : Arnaud Beltrame a été blessé par son arme de service

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INFO MÉTROPOLITAIN. Le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, assassiné en mars dernier dans le Super U de Trèbes, aux portes de Carcassonne, dans l’Aude, après s’être volontairement substitué à une otage au cours de l’attaque terroriste, a été blessé à un bras et à une jambe par son arme de service, avant d’être égorgé.

Les résultats de l’autopsie et des examens de balistique réalisés sur le corps de l’officier de gendarmerie de 45 ans ont révélé des «lésions mortelles» à l’arme blanche au niveau du cou. Les coups de couteau ont notamment été portés à la trachée par le poignard que brandissait Radouane Lakdim, un dihadiste audois de 25 ans, abattu par le GIGN. Lors de l’assaut, gendarmes et policiers ont récupéré, outre des cocktails explosifs de fabrication artisanale, un pistolet de calibre 7.65, appartenant au preneur d’otages.

Avant d’être égorgé, le colonel Arnaud Beltrame avait été blessé par balles, l’une tirée dans un bras, l’autre dans une jambe par Radouane Lakdim, dans le but, semble t-il de le neutraliser. L’hypothèse que l’officier de gendarmerie ait été atteint par le pistolet 7.65, un temps retenue, est désormais exclue : il a été touché par du calibre 9 mm provenant de son arme de service de calibre 9 mm, un Sig-Sauer SP 2022, récupérée d’ailleurs à côté du corps.

Téléphone allumé

Selon l’enquête confiée aux policiers du Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier, il est établi qu’Arnaud Beltrame, une fois à l’intérieur du Super U de Trèbes sans son ceinturon, laissé à l’extérieur, pour permettre la libération d’une caissière retenue en otage, a posé son arme de service chargé sur une table, devant le terroriste, qui, visiblement s’en est emparé pour s’en servir quelques minutes plus tard.

Il semble qu’après avoir tiré sur le commandant adjoint du groupement de gendarmerie de l’Aude dans un bras et une jambe en le blessant pour le neutraliser, notamment pour éviter qu’il ne le désarme, Radouna Lakdim ait décidé de l’égorger en découvrant qu’il avait laissé ouvert et allumé son téléphone portable, ce qui permettait au GIGN d’écouter les échanges dans le Super U…

Le Psig Sabre s’était opposé

Quand Arnaud Beltrame est arrivé sur zone, le 23 mars dernier vers 11h, les gendarmes du peloton de surveillance et d’intervention -Psig Sabre- de la compagnie de Carcassonne étaient déjà sur place. Dans une pareille situation d’un inconnu armé retranché dans un établissement recevant du public, les consignes sont de ne pas intervenir, d’attendre les unités d’élite spécialisées pour ce genre d’opération, négociateurs de la gendarmerie compris, à savoir le GIGN qui était en route, ainsi que les policiers de la brigade de recherche et d’intervention -BRI- du SRPJ de Montpellier.

Quand Arnaud Beltrame a décidé qu’il allait pénétrer dans le Super U de Trèbes, le chef du Psig Sabre sur place s’y est fermement opposé, en vain. Dès lors, ces militaires ont fait irruption avec Arnaud Beltrame dans le supermarché pour libérer des otages, après que le terroriste ait froidement exécuté le chef boucher et un client.

Le terroriste s’est alors enfermé alors dans la salle des coffres avec une hôtesse de caisse. À 11h28, Arnaud Beltrame a proposé de remplacer la caissière et a rejoint le terroriste. À 14h16, le colonel a tenté de désarmer le terroriste. Sur la bande, on entend confusément « assaut assaut », puis trois coups de feu. Au moins deux projectiles ont donc été tirés dans un bras et une jambe du colonel avec son arme de service de calibre 9 mm.

L’autopsie a montré qu’Arnaud Beltrame avait des blessures par balles, non létales, au pied et au bras et qu’il était mort des suites d’un coup de couteau porté au niveau de la trachée par le terroriste.

Un assaut du GIGN tardif ?

Son assassin présumé, Radouane Lakdim qui s’était retranché dans le Super U, après avoir tué un automobiliste et grièvement blessé son passager à Carcassonne, une demi-heure plus tôt -une information ignorée par le colonel Beltrame et les gendarmes du Psig Sabre, quand ils ont investi le Super U- était muni d’un poignard et d’un pistolet 7.65, une arme de petit calibre.

En différents points du magasin, le forcené avait disposé des explosifs artisanaux, reliés à un système de mise à feu, mais ils n’ont pas détonné. Cette présence d’engins explosifs a, semble t-il retardé l’assaut du GIGN, puisqu’il n’aurait pas été donné dans la foulée du message d’alerte lancé par le colonel Arnaud Beltrame. En effet, il s’est écoulé dix minutes entre le signal donné par le gendarme et l’intervention du GIGN.