Un rapport remis ce mardi après-midi au Premier Ministre fait 78 propositions pour mieux articuler l’action des différentes forces de sécurité, entre policiers nationaux, municipaux, gendarmes, et agents de sécurité privée. Et parmi elles, une proposition-choc : armer les polices municipales.

Taser à la ceinture des policiers municipaux de Nice
Taser à la ceinture des policiers municipaux de Nice © AFP / STEPHANE DANNA

Dans ce rapport qui leur a été commandé en février dernier, et qu’ils remettent ce mardi après-midi au Premier Ministre, les députés Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, et l’avocate Alice Thourot ont bâti 78 propositions qui visent à mieux coordonner l’action des différentes forces de sécurité. Et pour l’un des députés auteurs de ce rapport, le commissaire Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, qui a notamment dirigé plusieurs assauts lors des attentats de janvier et novembre 2015, l’arme ne doit pas être un tabou.

Trois ans plus tard, la menace terroriste reste omniprésente. Et les polices municipales doivent aussi pouvoir y faire face en situation d’extrême urgence, d’autant qu’elles ont aussi été prises pour cibles, rappelle le député de Seine-et-Marne. Son rapport, co-écrit avec Alice Thourot, députée de la Drôme, préconise que les 22 000 policiers municipaux soient désormais tous armés de pistolets 9 mm, sauf si le maire s’y oppose.

Selon des données de 2016 du rapport, 84% des effectifs de police municipale (18.044) étaient déjà équipés d’une arme, quelle que soit la catégorie (de la bombe lacrymogène au calibre 38). 9.434 étaient dotés d’une arme à feu (44% des effectifs). 1.804 étaient dotés de pistolets à impulsion électrique.

L’armement pourrait devenir la norme

Aujourd’hui, moins de la moitié de ces policiers municipaux sont donc porteurs d’une arme de poing létale, quand le maire l’a expressément demandé. Si le législateur suit ce rapport, l’armement pourrait donc devenir la norme, et le non-armement l’exception. Les policiers municipaux gardent pour mission essentielle d’assurer la tranquillité des citoyens, avec un gros travail de proximité qui avait échappé trop souvent aux forces de police nationale et de gendarmerie.

Pour une sécurité « globale », dans le continuum de sécurité sur lequel le gouvernement a voulu plancher, polices municipales au pluriel et police nationale et gendarmerie nationale doivent mieux collaborer, mieux se coordonner, préconise encore le rapport des parlementaires.

Les policiers municipaux pourraient avoir accès à certains fichiers de la police nationale pour plus d’efficacité dans leurs quotidiens. Il faudrait aussi une meilleure coordination de la vidéoprotection entre les communes, disent les auteurs du rapport. Qui insistent également sur une formation à harmoniser pour les policiers municipaux, comme pour les 160 000 agents de sécurité privée. C’est d’ailleurs leur proposition numéro 1 : bâtir une filière complète de la sécurité privée comme publique, du CAP au master, pour la rentrée 2019.