Des films comme Bodyguard ont fait rêver sur la fonction de garde du corps. Mais ces hommes n’ont à peu près rien à voir avec des agents de sécurité. Pour assurer cette mission, il faut un diplôme et des compétences qui vont au-delà de bien porter le costume, d’être une montagne de muscles ou de maîtriser les arts martiaux.

Pour former des professionnels aguerris à cette fonction relativement confidentielle, une société, FS Diamant, a été créée il y a un peu plus d’un an à Belval, dans les Vosges. Au cœur de montagnes arborées, les stagiaires vivent sept semaines d’entraînement à assurer la défense d’« Oscar », leur autorité, en langage profane, la personnalité à protéger. D’ailleurs, même entre eux, stagiaires et formateurs ne s’appellent pas par leurs noms ou prénoms, mais des surnoms. L’identité doit être protégée, « en particulier à l’étranger » assure l’instructeur « Snow », ancien gendarme et forces spéciales. « Doc », son collègue, ex-militaire d’unités spéciales, qui assure toujours des missions privées, acquiesce.

Exercice au centre de formation FS diamant à Belval

Contre-filatures, extraction et mallette kevlar

Si le sport est présent un peu tout le temps, les novices sont surtout là pour apprendre des techniques et des comportements adéquats. La première arme, c’est la communication, la gestion des conflits. Oui, ils ont les capacités physiques pour neutraliser un agresseur potentiel, mais le but est surtout de le dissuader, ne pas en arriver là.

D’ailleurs, « Snow » a exercé ce métier pour le compte de l’État. De toute sa carrière en France, il n’a jamais sorti son arme, « à peine la matraque télescopique, même pas dépliée ». Sur 206 heures de cours, ses élèves s’entraînent à maîtriser un véhicule dans toutes les situations, rouler en convoi, faire des contre-filatures, évaluer leur environnement, les menaces potentielles, extraire une personne d’un danger, déployer la mallette kevlar pour protéger l’autorité…

Cette formation donne des spécifications aussi différentes que conduite, sécurisation de résidence, audit de sécurité, responsable d’itinéraires, contre-espionnage industriel… Les sports de combat ne représentent que 21 heures dans le cursus. Et encore, les élèves apprennent surtout à respecter le cadre légal de l’usage de la force.

Et les armes ? Ils en ont, mais des factices, qui tirent des billes qui font « juste » mal. Et elles sont réservées aux agresseurs. Le but est d’apprendre à neutraliser le porteur ou à protéger « Oscar » des tirs, pas de les utiliser.

Comme garde du corps, on apprend la défense, pas l’attaque. FS Diamant donne des cours sur l’utilisation d’armes en mouvement, à moto ou autres, mais cet enseignement est réservé aux forces gouvernementales qui viennent se spécialiser à Belval par manque de structures ou de créneaux dans leurs propres centres.

C’est usant, on est toujours sur le qui-vive.

Des stagiaires.

Cédric CITRAIN