COMMUNICATION ADRESSEE UNIQUEMENT AUX PRESIDENT(E)S DES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES DE LA CHARTE.

C’est avec une émotion immense que je m’adresse à chacun d’entre vous en ce mercredi 23 décembre, à deux jours de Noël. Trois des nôtres ont été tués cette nuit au cours d’une intervention à Saint-Just (63). 
Je sais ce que vous avez tous ressenti ce matin, j’ai ressenti la même chose : la sidération puis l’incompréhension face à un acte d’une telle violence, la colère, la tristesse et la compassion. Chaque fois que l’un de nous est emporté, c’est la communauté gendarmerie toute entière qui est endeuillée.

Il y a quelques jours, je rendais hommage à nos héros du quotidien. Ces gendarmes qui, chaque jour, sur l’ensemble du territoire, vont au bout de leur engagement, se transcendent et risquent leur vie pour sauver celle des autres. C’est ce qui s’est à nouveau passé cette nuit.

Il n’y a pas d’intervention banale, chaque appel réserve son lot d’incertitudes. La mission la plus anodine en apparence peut basculer en situation opérationnelle complexe, voire en drame. Cela peut arriver à chaque instant, à chacun d’entre nous.

C’est ce qu’ont vécu nos camarades du groupement du Puy-de-Dôme hier soir. Peu avant 21 heures, le CORG engage les PAM de la BP d’Ambert pour secourir une victime de violences intrafamiliales. Apprenant que l’auteur est détenteur d’armes, les PSIG de Clermont-Ferrand, Ambert et Thiers, ainsi que la BT d’Antheme et un négociateur sont engagés. Un contact est établi avec la victime réfugiée sur le toit de la maison. Elle confirme la dangerosité de son compagnon. L’individu incendie la maison et, dans sa fuite, ouvre le feu sur deux militaires. Après avoir perdu le contrôle de son véhicule, il revient au domicile et tire sur deux autres gendarmes qui effectuaient une reconnaissance en direction de la maison.

En cet instant, toutes nos pensées vont vers les familles, les proches et les camarades du lieutenant Cyrille Morel, commandant en second la compagnie d’Ambert, de l’adjudant Rémi Dupuis, de la BP d’Ambert et du brigadier Arno Mavel, du PSIG d’Ambert. Ils ont accompli leur mission jusqu’au sacrifice ultime. Mes pensées vont aussi à l’adjudant-chef Bertrand Boyon, commandant le PSIG d’Ambert, blessé au cours de l’intervention qui a, malgré cela, poursuivi sa mission.

Nous accompagnons tout particulièrement nos camarades de la compagnie de gendarmerie départementale d’Ambert et du groupement de gendarmerie du Puy-de-Dôme, meurtris par les événements de la nuit passée. Au cœur de la tragédie, ils ont tout mis en œuvre pour sauver une femme en détresse et sécuriser les autres membres de la famille menacés. La gendarmerie, dans toutes ses composantes, s’est mobilisée à leurs côtés. Un important dispositif de recherches a été déployé et a ainsi permis d’éviter de nouvelles victimes et de retrouver l’auteur des faits décédé.

Aucun mot, aucun geste ne remplacera la perte d’un être cher. Sachez néanmoins, que la Maison toute entière se tient aux côtés des familles et amis de nos trois camarades disparus.

Parce qu’il est nécessaire de continuer à protéger la population, nous poursuivrons notre mission avec toujours autant de dévouement et ainsi honorerons leur mémoire. Je suis plus que jamais fier de notre Maison et des militaires qui la composent. Nous traverserons ensemble cette épreuve. Vous avez mon entier soutien.


Général d’armée Christian Rodriguez